FAME2022

Alerte sur les conséquences d’un projet touristique sur la côte béninoise à Ouidah

Le Collectif des victimes du projet Marina de la Porte de non retour à Ouidah a lancé cette pétition adressée au Club Méditerranée et à Vinci.

Dans le cadre de la mise en œuvre de son programme, le gouvernement du Bénin, à travers son Agence Nationale de Promotion des Patrimoines et de Développement du Tourisme (ANPT), a entrepris des travaux d’aménagement urbains dans la ville historique de Ouidah.

L’objectif déclaré est de promouvoir un tourisme de masse du type Club Méditerranée. Pourtant, les atouts touristiques du Bénin sont sa biodiversité, ses communautés, ses cultures et traditions. Le tourisme de masse va détruire ces atouts pour profiter à quelques promoteurs immobiliers.

Ces projets exigent des études publiques pour évaluer les impacts environnementaux et sociaux. Ces études ne semblent pas avoir été réalisées. Les travaux ont débuté et ont déjà généré des impacts désastreux. Des communautés qui vivaient sur ces terres depuis des générations, certaines avant l’indépendance du Bénin, ont été chassées de leurs terres. Le gouvernement a justifié ces expulsions par l’absence de titre de propriété et en indiquant qu’il s’agit de terrains publics. Pourtant, il s’empresse de les transformer pour les mettre à disposition de promoteurs immobiliers. Le gouvernement a indiqué avoir indemnisé les populations expulsées mais elles ne disposent pas de moyens pour pouvoir s’acheter un nouveau terrain.

Malheureusement, ces travaux impactent négativement la Route de l’Esclave, les écosystèmes humides, la biodiversité, les pêcheurs, les artisans, les agriculteurs.

Route de l’Esclave

La Route de l’Esclave est totalement transformée et ne ressemble plus en rien à l’état habituel qu’on lui reconnait depuis 1992. Les différents repères et symboles historiques ont été dégagés…

Ecosystèmes humides

La zone humide de Djègbadji qui abrite une importante végétation de mangrove est en train d’être comblée par une route bétonnée. Cette route bétonnée, en lieu et place de l’ancien pont, sépare cette zone humide de Djègbadji en deux, sans possibilité de communication entre les deux côtés. Sachant que l’ancien pont a déjà failli être emporté par des inondations, on se demande bien si c’est en remplissant cette zone humide de béton qu’on la délivrera de l’inondation cyclique empêchant le libre déplacement des populations et de leurs biens. L’ampleur de la circulation avec les surcharges de poids peuvent aussi accélérer l’affaissement de cette route bétonnée.

On devrait construire un pont en bonne et due forme pour favoriser la libre circulation de l’eau et la préservation de la biodiversité pour favoriser la bonne gestion de cette zone humide.

Biodiversité

Toutes ces actions vont conduire à l’accélération de la destruction de la riche biodiversité de cette zone notamment la mangrove, les oiseaux, les poissons.

Une digue artificielle faite de bloc de pierres et doublée d’une digue de dunes de sable sera étalée sur une distance de 5 km le long de la route des Pêches, ce qui constitue un grand danger pour les espèces migratrices, surtout les tortues marines avec leur nidification sur la plage.

Ceci est en contradiction avec la création des aires marines protégées par décision du gouvernement en date du 5 janvier 2022 en Conseil des Ministres.

La destruction des cocotiers sur la plage entre l’hôtel de la diaspora et la Porte de Non retour, est un grand facteur de risque d’érosion côtière et d’inondation.

Impact sociaux

Des dizaines de vendeurs d’objet d’art seront interdits de vendre autour de la Porte de Non Retour, même au moment du festival. Ils seront parqués dans un village artisanal éloigné où ils travailleront en résidence. Les créateurs d’objet d’art pourront ils vendre directement aux touristes et à leur prix, autour de la Porte de Non Retour?

Les maraîchers, selon les propos des victimes, ont été expulsés facilement, car ils n’avaient pas de titre de propriété. Les maraîchers ont besoin d’un lieu pour exercer librement leur activité.

Les pêcheurs constituent le plus grand nombre des populations impactées par le projet. Leurs cabanes sur la plage ont été détruites, sans indemnisation, ni relogement, et leur accès à la mer rendu très difficile du fait des digues, supprimant la pêche traditionnelle. D’après les dires de pêcheurs, seulement deux ports seraient construits sur la côte, l’un à Sémé, l’autre à Grand Popo distant de 125 km. Ils vont demander au gouvernement le libre accès à la mer pour pouvoir continuer leur métier.

Impact historique

Pourquoi la destruction de la Porte du Retour, berceau de la culture Afro-brésilienne?

Vues les nouvelles transformations apportées par le projet touristique à la Route de l’Esclave, peut-elle être classée comme patrimoine de l’UNESCO?

Présentation du projet touristique par le gouvernement béninois

Le lien pour signer la pétition